Lorsque Faber a fait la connaissance de Benavidez...

Ce sera un mois fort chargé pour les membres de Team Alpha Male. Leiur tête d'affiche, Urijah Faber, sera en vedette de l'événement TUF 17 Finale alors que ses coéquipiers Joseph Benavidez, Chad Mendes et TJ Dillashaw combattront le 20 avril prochain lors de l'UFC on FOX.

Avoir la possibilité de se monter une fiche et attirer l'attention des organisations de plus grande envergure n'a jamais été une chose facile pour les combattants de petit gabarit.  Dans cet extrait du livre "The Laws of the Ring" qui sera disponible dès le 16 avril, Faber explique comment il a fait connaissance, pris sous son aile et finalement été inspiré par celui qui est devenu son protégé, Joseph Benavidez.
"Laisse ta bagnole à l'avant", lui ais-je crié, "et vient t'entraîner".

À ce moment, Joseph [Benavidez] est entré dans ma vie. Dès le début nous l'avons impliqué. Je lui ai demandé de passer la serpillière et nettoyer le gym. Il était infatigable et passait ses rares moments libres à tirer avantage de son nouvel environnement. Il sautait sur le tapis roulant pendant sa pause de quinze minutes. Il travaillait ses abdominaux sur l'heure du lunch. Et lorsque c'était le temps de s'entraîner, il n'y avait personne de plus sérieux que lui.

Dès le début, il était clair qu'il allait devenir très bon, et très rapidement. Il se tuait à l'effort. J'ai tout de suite reconnu ce talent et lui ai dit, même s'il n'y avait pas encore de catégorie 135 livres à l'époque, qu'il serait un véritable animal à 125 livres. Élève modèle, il s'est entraîné en gardant cela en mémoire et j'espérais que l'évolution des AMM lui permettrait un jour de pouvoir affronter quelqu'un de son gabarit. C'était un des gars les plus coriaces au gym, mais c'était difficile de lui trouver des partenaires d'entraînement, donc imaginez des combats maintenant… Reconnaissant son talent, je l'ai fait travailler avec de plus gros combattants – certains qui avaient de l'expérience à l'UFC. Ils le regardaient d'abord d'un air amusé en raison de sa petite taille, puis Joseph leur donnait le combat de leur vie. Tout le monde était sidéré par l'étendue de son talent.

D'autres combattants moins talentueux avaient beaucoup plus d'occasions de combattre simplement parce qu'ils étaient plus gros, mais Joseph lui, anéantissant ses adversaires à 145 livres. Personne ne voulait l'affronter. Ceux qui étaient opposés à lui lors d'événements locaux n'avaient aucune chance. Il a remporté ses premiers combats après être déménagé à Sacramento et avoir commencé à s'entraîner avec nous, mais il était fâché de l'impossibilité de pouvoir décrocher un combat de championnat, et ce même dans les plus petites organisations.

Un jour, la marmite a explosé.

"C'est de la merde!", s'est-il écrié en faisant irruption dans mon bureau.

Joseph était furieux, et il avait toutes les raisons de l'être. Pour une raison ou une autre, Jason Georgianna, l'adversaire qu'il venait de mettre KO à son dernier combat, s'était vu proposer un combat de championnat à titre de remplaçant. Ce n'était pas juste, mais à cette époque le système – si on peut appeler ça un système – n'était pas conçu pour être juste. Les casinos des Premières Nations étaient à la tête d'organisations qui étaient à la fois mal organisées et imprévisibles, ce qui pouvait causer chez les athlètes beaucoup de frustration et de confusion. Les combats, même ceux de championnat, étaient parfois motivés par des motifs politiques, et d'autres fois, on n'y trouvait simplement aucune justification valable.

De plus, ceux qui étaient à la tête de plus grosses organisations – là où les combattants pouvaient espérer être décemment payés – ne croyaient pas que les combattants de petit gabarit pouvaient donner un bon spectacle. Ils croyaient que les partisans voulaient voir les combattants plus gros dans l'espoir de voir des KO. À cause de cela, ils n'ont pas investi dans le développement des plus petites catégories de poids.

"Joseph, je sais, mais tu dois être patient dans ce milieu", ai-je argumenté afin de le calmer. "Tu fais exactement ce que tu as à faire. Ton tour viendra."

"J'ai été patient!", a-t-il répliqué. "Et ma patience s'effrite."

Maintenant, ce que je m'apprête à vous dire vous semblera peut-être exagéré, mais je vous jure qu'il s'agit de la vérité. Alors que Joseph se tenait dans mon bureau à rager contre l'injustice, j'ai reçu un courriel. Ce courriel a immédiatement capté mon attention et j'ai interrompu Joseph au beau milieu de sa diatribe, puisque son nom figurait dans le sujet du message…

"'Dude', aimerais-tu affronter Kid Yamamoto au Japon?"”

"La ferme! Ne joue pas avec moi comme ça!"

Alors j'ai haussé les épaules et ai rétorqué, "Comme tu veux, 'dude'..." Puis j'ai tourné le moniteur afin qu'il puisse lire par lui-même ce que j'étais en train de lire.

La curiosité de Joseph a eu le dessus sur lui. Il s'est approché de l'écran afin de pouvoir lire le courriel. Incrédule, il s'est arrêté, m'a regardé, puis a repris sa lecture de nouveau. Puis, ce fut comme si un courant électrique l'avait traversé. On pouvait sentir l'énergie émaner de lui.

Il était sous le choc. Il regardait partout et ne savait visiblement pas quoi dire.

"Je devrais?", m'a-t-il questionné. "Est-ce que je devrais?"

J'ai ri. Devait-il le faire? Au moment de prendre une grande décision, tout le monde passe par une période d'indécision, même très brève. C'est d'ailleurs exactement le sentiment que j'avais eu lorsque je m'étais stationné devant le Colusa Casino la première fois avant d'affronter Jay Valencia. Ce sentiment, vous l'avez lorsque vous êtes partagés entre les notions de passion et de nécessité; parce que l'humilité qui vous pousse à travailler si fort afin d'atteindre vos buts est cette même humilité qui vous submerge de doutes lorsque ces mêmes buts sont à votre portée. Bien entendu, Joseph savait qu'il devait accepter ce combat, mais il était tout à fait normal qu'il ait été non seulement incrédule pendant un instant, mais aussi sceptique, au moment de l'accepter.

J'ai pratiquement sauté de l'autre côté du bureau. "Bien sûr que tu dois!"

"Et tu sais pourquoi?" Et je n'ai pas attendu sa réponse avant de servir la mienne. "Parce que tu vas le démolir!"

Un mois à peine après être descendu de sa petite Lincoln—sa bagnole avec la petite danseuse de hula fixée sur le tableau de bord– ce jeune homme qui avait voyagé jusqu'à Sacramento en suivant les instructions prises dans un prospectus pour aller rencontrer un combattant qu'il avait vu dans un documentaire, était assis à côté de moi dans cet avion qui devait nous emmener au Japon afin de combattre pour une des plus grosses organisations de MMA au monde contre un des poids légers les plus prolifiques de ce sport.

Or, en arrivant au Japon, on nous a appris que Kid Yamamoto avait été suspendu et ne pourrait combattre. On ne nous a jamais expliqué pourquoi. L'organisation l'a remplacé par un autre combattant japonais de moindre envergure. Cela a enlevé un peu de prestige au combat considérant que Yamamoto était une grosse pointure et qu'une victoire aurait pu propulser Joseph dans le top 5 au classement des poids plume. Joseph a finalement affronté un combattant nommé Junya Kudo, et l'a complètement anéanti en le soumettant au premier round.

Nous étions tous deux déçus que Yamamoto ait été remplacé. Son statut aurait certes permis à Joseph de se faire rapidement un nom. Mais cette victoire au Japon a permis à Joseph de participer à l'émission Inside MMA, émission au cours de laquelle j'ai créé une controverse en déclarant, "C'est mon gars et c'est le meilleur 135 livres au monde.”

Vous pensez peut-être que ce n'est rien, mais dans le monde des AMM, tout est une question d'égo et le clan de la vedette Miguel Torres a cru qu'il s'agissait d'un flagrant manque de respect envers leur combattant. Peu importe, il s'agissait de mon opinion et elle s’est avérée juste.

Ce combat a Japon est venu changer la donne puisque les gens qui étaient à la tête de la World Extreme Cagefighting (WEC) ont immédiatement vu en Joseph un potentiel et lui ont fait signer un contrat. Après une série de quatre combats, au cours de laquelle il a remporté trois affrontements et en a donné pour son argent à Dominick Cruz avant de s'incliner par décision, ils l'ont opposé au récemment détrôné Torres. Torres ne s'était jamais fait soumettre—jusqu'à ce que Joseph passe à l'histoire à deux minutes et cinquante secondes du deuxième round.

Extrait de "The Laws of the Ring" par Urijah Faber publié sur ufc.com avec la permission de William Morrow, de HarperCollins Publishers.

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